Londres

Les chemises de CHHIPA

Célèbre pour son art du textile millénaire — aux techniques transmises de génération en génération — l’Inde inspire de nombreux créateurs en quête de qualité et d’authenticité.

Créée en 2015 par Claudia Borfiga et Lizzie Lock, Chhipa est une marque de vêtement contemporaine qui fabrique des chemises selon un processus de fabrication traditionnelle originaire du Rajasthan (le DABU). Au-delà de la technique, le duo de designer puise son inspiration dans l’environnement indien, aussi bien dans l’architecture (la voûte d’une porte, l’encadrement d’une fenêtre) que dans la peinture qui orne les villes. Chhipa collabore directement avec les artisans locaux qui sculptent à la main des tampons en bois — à partir des dessins de Chhipa — qui servent ensuite à imprimer les motifs sur le tissu. Les chemises de Chhipa, à la coupe unisexe et aux imprimés indigo, célèbrent le mariage entre tradition, régionalisme et modernité.

charlotte trounce

Illustration de Charlotte Trounce

« Our goal is to make high quality printed products that support an ancient craft,
and in particular the community who continue to practice it. »

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INTERVIEW

Comment définiriez-vous l’esthétique de Chhipa ?
L’esthétique de Chhipa résulte directement du processus d’impression que nous utilisons. Pour notre première collection, nous avons utilisé une technique traditionnelle particulière appelée Dabu basée sur un système de pochoir en argile et sur l’utilisation de tampons en bois.

How would you describe your design aesthetic for CHHIPA?
Our aesthetic for Chhipa is a result of the print processes we use. For Collection No. 1 we used a specific type of block printing, called Dabu, which uses mud as a resist. 

Que signifie CHHIPA ?
Le mot Chippa désigne la communauté d’artisans indiens qui utilise cette technique d’impression. Comme nous aimions la sonorité du mot et que ça décrit ce que nous faisons, nous l’avons adopté !
Nous avons lancé la marque sur un coup de tête après un voyage d’inspiration en Inde. Nous n’avions pas de projet particulier quand nous avons commencé le voyage, mais après avoir découvert cette technique traditionnelle d’impression, nous voulions la partager avec les gens à notre retour à Londres. Pour nous, la meilleure manière de la partager était de la porter nous même.

What means CHHIPA? 
And how did you decide to start your own brand CHHIPA together?
The ‘Chhipa’ people are the printing community in India, so someone who works with block printing will use it as a surname. We liked the sound of the word, and it described what we’re doing so we borrowed it!

We started the brand after an inspiration trip to India – we had no intention to make anything when we set out on the trip, but after seeing the block printing process we wanted to share it with people back at home. To us, the best possible way to share it was to wear it.

 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la technique Dabu ?
Le Dabu est une technique d’impression à base de boue (mélange d’argile et de terre) qui est mélangée puis tamisée avant d’être appliquée sur le tissu à l’aide d’un tampon en bois sculpté selon les motifs que nous désirons. Ensuite, nous saupoudrons une fine couche de sciure de bois sur l’impression de boue pour accélérer le durcissement. Quand tout est complètement sec, nous teignons le tissu en le plongeant dans une cuve de 20 pieds de teinture indigo, puis nous le refaisons sécher une seconde fois. Ensuite, nous nettoyons le tissu pour enlever la boue et révéler en négatif les motifs dessous. Nous finalisons l’impression bicolore indigo en répétant ce processus deux fois.

Qu’est-ce qui vous a fasciné au Rajasthan ?
La culture du Rajasthan est tellement différente de ce que nous avons ici, que tout alimente notre travail d’une manière ou d’une autre. Les lieux et les couleurs que vous voyez lorsque vous voyagez au Rajasthan sont incroyables ; les couleurs des bâtiments — en particulier les bleus de Jodphur et le rose de Jaipur nous donnent envie de peindre nos maisons et ateliers avec des motifs et couleurs. Les marchés de tissu sont addictifs et la quantité de choses brillantes et belles que vous pouvez rapporter est sans fin. En comparaison nos chemises sont plus simples ; de sorte que le défi consiste à simplifier ce que nous avons vu et de choisir les détails que nous aimons vraiment.

 

Could you explain about the DABU printing, its process and characteristics.


Dabu is a mud-resist process. We print our pattern onto the fabric with a mud-clay mix, and then a fine sawdust is sprinkled onto the print. When it’s completely dry we dye the fabric in 20ft indigo dye vats, and leave it to dry a second time. Then we wash the mud resist off the fabric, revealing the cream colour underneath, to achieve the two-tone indigo prints, we follow this process twice.

The beauty of using the mud resist is that you get these natural lines from where the mud has cracked in the sun, they are these little indigo veins on the fabric that tell a story of the process.

We have a video on our website which shows the process if you’d like to find out more (http://www.chhipa.co.uk/pages/block-print-process-makers).

What are you fascinated by in Rajasthan and how does it feed into your work?

Rajasthani culture is so different to what we know at home, so everything feeds into our work in someway or another. The sights and colours that you see when you travel around Rajasthan are incredible; the colours of the buildings – especially the blues of Jodphur and the pink of Jaipur make us want to paint our homes and studio in pattern and colour. The fabric bazaars are addictive and the amount of gold shiny things and embellishments you can bring back is never ending. Comparatively our shirts are more simple; so the challenge is to edit down what we’ve seen and pick out the details we truly love.

India Mini Pattern Prints_Claudia Borfiga

India Mini Pattern Prints by Claudia Borfiga


Frankie _ FT natural straw blocked on trilby crown by Lizzie Lock

Frankie _ FT natural straw blocked on trilby crown by Lizzie Lock

Quel est votre rapport à la mode ?
Claudia :
j’ai étudié le design de textile à l’université où mes projets étaient généralement tournés vers la mode. J’ai effectué mes stages chez Angelo Marani, Giles Deacon et John Galliano, donc j’ai baigné dans un environnement incroyable. Mon parcours après mes études n’était pas lié directement à la mode, mais j’ai toujours gardé un intérêt pour ce domaine.

Liz : J’ai étudié les arts décoratifs à l’Université et je me suis orienté dans la chapellerie après une initiation au design de chapeau en deuxième année. Ensuite, j’ai effectué un stage chez Philip Treacey, qui travaille en tant que designer pour Vivien Sheriff, puis j’ai monté mon propre studio. Ce qui me plaît est de créer des chapeaux et hauts de forme contemporains en utilisant des techniques traditionnelles.

Quel style de textures aimez-vous ?
Claudia :
C’est plus facile de savoir lesquelles je n’aime pas, comme le papier de verre ou les limes à ongles. Ces choses me font frissonner et je déteste entendre les gens les utiliser. Mais en général, j’aime toucher les choses, qu’elles soient faites pour être touchées ou non. Récemment, je suis allée à la maison du cactus à Barbican. Je voulais toucher toutes les aiguilles.

Liz : je pourrais caresser du tissu toute la journée, ce que nous avons beaucoup fait en Inde. Je pense que c’est bien de toucher les choses, car ça nous permet d’avoir une meilleure compréhension de la manière dont ils sont faits. En revanche, je n’ai jamais été tenté de toucher les aiguilles de cactus.

Quels sont vos projets à venir ?
Nous revenons du Rajasthan ou nous avons sculpté nos tampons pour notre deuxième collection. Nous ne nous éloignons pas trop du bleu et nos nouvelles couleurs sont le gris et le vert, ce qui nécessite un processus d’impression différent. Le lancement de la collection se fera en septembre 2016.

What sparked your interest in fashion, Claudia as screenprinter and Liz as milliner?
Claudia: I studied Printed Textiles Design at university, so my projects there were usually focused on a fashion outcome. I also did internships at Angelo Marani, Giles Deacon and John Galliano, so was surrounded by really incredibly fashion design. The natural course for me after studying wasn’t directly into fashion, but the interest has always been there.

Liz: I studied Decorative Arts at university and found millinery after coming across a collection of hat blocks in the fashion department, in my second year. From here I did an internship with Philip Treacey, worked as a designer for Vivien Sheriff and then set up a studio on my own. I love being able to create contemporary hats and headpieces using such traditional techniques.

What kind of ‘texture’ do you like?
Claudia: I can think of a texture I don’t like, which is sandpaper or nail files. These things make me shiver, and I hate to hear people using them. But in general I love touching things, whether they’re made for touching or not. I went to the cactus house at the Barbican recently, and I wanted to touch all the prickles.

Liz: I could stroke fabric all day, which we spent a lot of time doing in India. I think it’s good to touch things so you can get a better understanding of what they are. I’m not ever tempted to touch the prickles though.

What is your future project?
We have just returned from sampling with our block printers in Rajasthan for our Collection No. 2. We’ve stepped away from blue and our new colours are grey and green, which requires different block print processes. The collection launches in September 2016!

We’ve also been working on a collaboration with a British heritage brand, but it’s still a secret for now…

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