Felicity Lemon

J’aime beaucoup le sucré salé, le gingembre, le sésame et tous les agrumes en général. Les agrumes, ce sont des souvenirs d’enfance, en Afrique. L’odeur des mandarines…

Ce qui influence la cuisine de Sylvia, c’est son métissage et ses voyages. De père français et de mère africaine, elle goûte aux deux cuisines, vit dans les deux pays, puis découvre la nourriture asiatique en déménageant à Belleville, l’un de ses quartiers préférés de Paris.

Après plusieurs années passées dans le monde du spectacle, elle ouvre à Belleville, dans une petite ruelle lumineuse, son restaurant Felicity Lemon (du nom d’un personnage d’Agatha Christie). Motivée par l’envie de réinterpréter la gastronomie française pour la rendre plus accessible, elle prépare chaque jour une cuisine familiale et raffinée. Elle compose le matin même ses menus en fonction de ce qu’elle trouve au marché. Des produits frais et toujours de saison.

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Rencontre

J’ai commencé la cuisine, assez tard, un peu par hasard. Avant, j’étais décoratrice dans le cinéma. Comme j’avais du temps libre entre deux films, j’allais parfois voir des copains qui tenaient des restaurants et je leur proposais de faire la cuisine un soir comme ça chez eux. Je l’ai fais une fois, deux fois, trois fois jusqu’à ce que ça commence à prendre de la place dans ma vie.

Au départ, je ne voulais pas spécialement ouvrir un restaurant, mais je voulais monter un projet autour de la street food internationale. C’était en 2010. J’ai donc fait un long voyage pour découvrir les différents types de cuisine à travers le monde. Je suis allée en Asie, en Corée, Japon, Taiwan, Hong Kong, Asie du Sud est. En Corée, ce qui m’a fasciné et que j’ai adoré, c’est que les jeunes vont manger des plats traditionnels le soir dans la rue, car ça ne coûte pas cher, et c’est bon. Ca fait partie de la normalité. La cuisine traditionnelle est très accessible partout. En France, les jeunes vont manger des Mac do, des kebabs. La cuisine traditionnelle n’est pas accessible. Manger français est tout de suite un peu cher.

Le souvenir que l’on a d’un pays, d’un voyage, est souvent dicté par ce que l’on y a mangé, la cuisine qu’on a apprécié ou pas. Je ne suis pas sûre qu’un touriste qui vient à Paris, rentre chez lui en disant « j’ai adoré Paris et j’y ai terriblement bien mangé ». J’ai l’impression que c’est compliqué de bien manger à Paris. Je pense que ca peut être différent. Il faudrait réinventer la cuisine française pour la rendre plus accessible. C’est ca qui m’a influencé pour faire la cuisine.

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Comme mon projet autour de la Street food prenait trop d’ampleur dans ma tête, j’ai décidé de le mettre de côté pour faire un CAP cuisine. Puis j’ai ouvert mon restaurant. L’histoire de Felicity Lemon est une succession d’opportunités, presque de hasard plutôt qu’une véritable volonté. A l’origine, ce restaurant était un café où je venais souvent avec mes amis. Puis le jour où il a été en vente j’ai proposé de le racheter.

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Pour la décoration du restaurant, on est parti avec un camion dans le nord, à Lille, à Bruxelles, pendant 3 jours, pour trouver tous les meubles dont on avait besoin avec 4000 euros en poche. Comme je travaillais dans le décor de cinéma, j’avais de bons amis qui sont venus m’aider pour tout refaire ici. La peinture, le bar, etc. Beaucoup de choses sont récupérés par ci par là. Le décor est vraiment une énergie collective.


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