Atelier de céramique PMPM

Portrait de Marie Lautrou

Avec la céramique, on est dans l’idée de faire des traces. Déjà, quand je faisais de la peinture, je faisais des traces. Je ne faisais pas des images peintes. Je faisais des concrétions sur des grandes toiles.

l’abri des bruits de la ville, dans la rue de la Forge royale dans le 11ème arrondissement de Paris, Marie Lautrou fabrique de la poterie artisanale. De la vaisselle en terre cuite, des tasses, des bols, des assiettes. Des objets simples et usuels aux formes minérales qui portent la trace du temps et de la main qui les a façonné.

Artiste peintre, Marie découvre le travail de la terre auprès de la céramiste Dauphine Scalbert qui l’initie à la poterie naturaliste et lui enseigne une technique entre poterie traditionnelle française et céramique asiatique.

Marie retrouve dans la poterie une espèce d’essence de la créativité et le plaisir simple du contact avec la terre.

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Rencontre

 

J’ai fait de la peinture pendant 10 ans, puis j’ai arrêté. Je ne pouvais pas m’imaginer faire quelque chose de non-artistique, donc j’ai commencé une formation de céramique. C’est là que j’ai rencontré Dauphine Scalbert, « mon maitre », qui fait de la poterie depuis de nombreuse années. Quand je suis arrivée chez elle, j’ai su que c’est ce que je voulais faire, ce style de céramique très naturel, très usuel.

Chez Dauphine Scalbert, j’ai bu mon premier thé dans un bol en céramique. La poterie artisanale, ça ne se trouve nulle part. C’est juste de la terre et un email brillant. Il n’y a pas de matière artificielle. Et ce contact vraiment physique avec la terre, je n’avais pas connu ca avant. C’est un plaisir hyper simple de boire dans une tasse qui est bien faite, qui tient dans la main, stable, qui est solide. Je préfère boire un thé dans une céramique plutôt que dans un objet en plastique. Je n’utilise plus de verres.

 

La création

Contrairement à l’art contemporain, la poterie est de la création simple, un retour à une espèce d’essence de la créativité. Par exemple, quand on tourne un bol, une tasse, c’est rien, c’est juste un doigt qui va faire un geste légèrement à l’extérieur, légèrement à l’intérieur mais qui va changer tout l’aspect du bol. Si le bol est un peu renfermé, il ne va pas faire plaisir aux yeux. Mais si il s’ouvre légèrement, il sera beaucoup plus agréable à regarder, à utiliser. C’est une ambition dans les détails. Le moindre mouvement va influencer la forme finale. Il y’a un vrai contact avec la matière.

Ma professeur, Dauphine Scalbert, a passé 7 ans en Corée. Elle disait qu’il faut faire un mixte entre la poterie traditionnelle française et la poterie coréenne. Elle, elle faisait ça, c’était ses sources d’inspirations. Donc j’ai appris des techniques coréennes. Laisser la trace des doigts, la trace de tournage, ca s’est asiatique. En France, c’est très rare. On prend une spatule en bois pour lisser la paroi.

 

La cuisson

« On ne peut pas vraiment connaître le résultat avant que ce soit cuit. C’est la particularité de la céramique. Au terme de la cuisson, il y’a peut être 10% de déchets que l’on peut jeter, ensuite, des pièces qui sont vraiment moches, d’autres qui passent puis peut être 4 ou 5 pièces qui sont vraiment très jolies.

C’est tellement compliqué. Il faut que le forme soit bien, que l’émail soit bien, que ce soit bien posé etc… Généralement, les pièces les plus belles sont difficiles à refaire. De plus, comme je mélange toutes mes terres avant, je n’obtiens jamais le même rendu et les émaux changent d’aspect à chaque fois.

 

Inspiration

Pas mal de céramistes japonais m’inspirent. Parmi la céramique coréenne, j’aime le style Bucheong. J’aime les céramiques plutôt brutes. Je vais au musée, je vois des chose qui me plaisent et j’essaie de les reproduire. J’aime bien prendre un outil, un peigne et faire des vagues ou copier des céramiques que j’aime. Par exemple des gobelets de Ogata Kenzan. Je trouve ca magique.

Autant en peinture, il ne faut pas copier, il faut évoluer et être novateur, autant en céramique, quand j’arrive à faire une céramique que j’aime, où que je me dis que ca pourrait être fait par un potier du 17e Siecle, ca me réjouit totalement. »

La terre

Ce qui est bien avec la céramique, c’est que c’est un rapport direct avec les gens. Et comme le medium c’est la terre, la terre n’est jamais vilain. La matière en elle même me plait. C’est facile à donner, à vendre. C’est gratifiant. J’aimerai que tout le monde prenne son petit déjeuner avec un bol en terre. Qui n’est pas recouvert d’une peinture émail toute lisse.

Je n’aurais jamais put enseigner la peinture à des adultes. L’idée que l’on fasse une mauvaise peinture dans mon atelier me rend mal à l’aise. La poterie ne me fait pas du tout ca. Une poterie ratée ne sera jamais complètement moche.

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